Meta

Derrière INVENTIONS se cache le Néerlandais Christiaan Bruin qui est, entre autres, le batteur et percussionniste de SKY ARCHITECT, le claviériste de NINE STONES CLOSE, le batteur et claviériste d'ADEIA, le chanteur, batteur, percussionniste, bassiste et claviériste de CHRIS... comme quoi Arjen A. Lucassen n'est pas le seul homme-orchestre des Pays-Bas ! Meta est le septième album studio de Bruin ; il en a composé la musique et les paroles, il chante et joue de tous les instruments, il a mixé et produit l'album. La violoniste classique Laura ten Voorde (ADEIA) est la seule invitée et, quoique sa présence soit discrète, son violon est vital pour distiller une présence « naturelle » dans ce qui aurait pu aboutir à une tapisserie purement électronique. Meta est beaucoup plus instrumental que chanté... ce qu'on peut regretter, car Bruin possède une voix très juste et pure, qui rappelle celle de Murray Head. Au fil des pièces, on percevra quelques influences, comme Ennio Morricone, Vangelis et Mike Oldfield, mais rien qui altère l'originalité des compositions de Bruin.
Meta est un disque de musique expérimentale – ne soyons pas rebutés par l'expression –, en ce sens que Bruin explore le minimalisme, ou musique répétitive, en plus d'utiliser le traitement vocal et l'échantillonnage sonore. Néanmoins, le résultat n'est jamais aride ou déconcertant : ni soupirs ni grincements de porte ici, mais souvent de lents crescendos exaltants et de fabuleux chœurs angéliques. Surtout connu comme batteur et percussionniste, Bruin est avant tout un multi-instrumentiste qui cultive les mélodies comme d'autres, les roses. Meta (75 min 53 sec) contient 15 morceaux, dont un inédit (« Monochrome » 3:22) et trois qui sont des versions alternatives de pièces déjà sur l'album (« The Space Between » 8:48 et 5:51, « Touch of Rain » 5:50 et 5:51, « Spaceship Earth » 5:45 et 4:53) et il n'y plus que les durées différentes qui distinguent ces versions entre elles. Les compositions relèvent du prog hybride symphonique ou cinématographique (« Meta » 4:27, « Oceania » 3:09, « One Small Step » 5:23, « The Space Between », « Monochrome ») avec des accents pop (« Into the Light » 4:03, « A Place Where We Belong » 6:19), mais aussi du rock psychédélique/planant (« One and the Same » 4:49, « Spaceship Earth » 5:45, « The Dream Sequence » 4:21) qui peut dériver vers le rock ambient ou le post-rock (« The Turing Test » 4:16, « Touch of Rain » 5:50).
Meta n'est pas exempt de certains travers, dont les passages récités et les variantes de certaines pièces, mais il reste un album captivant qui gagne à être écouté plusieurs fois et dans des environnements différents pour en goûter toutes les saveurs.